Chaque année notre travail de vigneron est guidé par les saisons. Nous devons nous adapter et composer avec une météo tantôt bienveillante, tantôt capricieuse.
2008, après un hiver peu rigoureux, a vu le départ de la végétation marqué par le gel du début avril. L’incidence de ce gel a été sous estimé dans un premier temps, puis au fil des semaines il s’est avéré que certains bourgeons, qui n’étaient pas encore démarrés à cette date, étaient malgré tout gelés.
Le printemps froid et pluvieux, a provoqué la régression de certaine inflorescence et la perte d’une partie des boutons floraux. Ce phénomène, appelé « filage », a transformé partiellement ou totalement un certain nombre de grappes en vrille , ce qui n’a fait qu’amplifier les pertes déjà constatées.
Par la suite, l’été s’est écoulé avec des températures fraîches, un ensoleillement timide, mais paradoxalement une sécheresse très marquée dans notre région. Le stress engendré par ce brusque changement entre l’humidité excessive du printemps et le déficit de pluviométrie de la période estivale a limité la croissance des grappes et des baies.
Quelques pluies au début de septembre ont suffit à redonner la vigueur nécessaire à la bonne évolution des raisins. La maturité et la récolte se sont ensuite déroulées dans des conditions optimales jusqu’à la fin octobre. Seuls les tris de chenins ont été perturbés, durant tout le mois de novembre, par une succession de perturbations et de pluies qui n’ont pas permis d’atteindre les concentrations nécessaires à la réalisation de nos cuvées de Coteaux du Layon « Réserve » et « Prestige »
Il nous aura fallu être très attentifs et tenaces tout au long de la saison, pour composer avec une météo très versatile, et tirer le meilleur parti de chacune de nos parcelles.
Qualitativement, 2008 est un très bon millésime classique de l’Anjou. Les Rosés, Rouges et Blancs sec sont très fruités et bien équilibrés, et ,malgré les conditions difficiles, les Coteaux du Layon 2008 restent de très belle qualité, simplement un peu moins riches et moins concentrés que nous l’aurions espéré.
Le fait marquant de cette année 2008, qui restera dans la mémoire des vignerons, sera certainement le rendement très faible. Selon les situations, les terroirs et les cépages, le déficit va de 15 à 50 %, et pour beaucoup de vignerons ce sera la plus petite récolte depuis l’important gel d’avril 1991.
Nous vous donnons donc rendez-vous dès la fin du mois de mars pour découvrir ce nouveau millésime.…